21.5.07

Généralisons...

Depuis que je suis revenu, il y a quelque chose que j'ai remarqué. De toutes les nationalités cotoyées ici, ce sont les canadiens qui aiment le plus jouer à celui qui pisse le plus loin!

C'est que nous sommes patriotiques! Le plusse meilleur pays du monde! Loin d'avoir le profil bas, nous aimons les statistiques avantageuses, notre système de santé, notre politique internationale, pourtant...

Pas méchant mais un peu prétentieux sans s'en rendre compte? Dans un party moindrement populaire ici on peut discuter avec au moins une vingtaine de nationalités différentes... Un canadien n'hésite pas à critiquer un américain ouvertement devant lui (contrairement aux européens qui se gardent une petite gêne). Il n'hésitera pas non plus à dire à des français qu'ils sont impolis et chiants (et que Bardot est une conne). Par contre, la feuille d'érable, pas touche!

Tous mes amis canadiens ici sont très gentils, je nous sens seulement un peu grand gueule. Tous ces expatriés et sri lankais se sentent comme des représentants officiels de leur mère patrie. Les conversations finissent par être lassantes...

-Vous traitez vos émigrants tout croche! (contrairement à qui?)

-Oui mais nous sommes les 2e plus généreux donateurs au Darfour!

Que c'est ça! Heureusement, ces surenchèrements de politiciens à court d'idées ne font pas long feu et tous le monde se rend compte du ridicule de la situation...

On va se chercher un drink, on rencontre quelqu'un d'autre et on repart sur la pub mur-à-mur... Généralement, après la deuxième rencontre, les minutes du patrimoine sont évacuées et les relations intéressantes commencent...

À la fête de mon ami Carlo (un italien), j'étais assis sur sa terrasse avec lui, Koh (une amie japonaise) et David (un allemand). J'osa pour voir où cela irai puisque nous étions entre bons amis: "Je suis en train de boire un drink avec l'Axe du mal au complet!" Les blagues commencèrent sur les prétentions militaires de tous et chacun à travers les siècles. Bien sûr, personne ne tint rancune des rivalités historiques et avec des "si" nous avons reconstruit le monde politique actuel en quinze minutes...

Encore une fois, nous étions des représentants de notre pays... Quel drôle de jeu, moi qui n'a que très peu d'attachement pour le pays où je suis né (voire la ville...). Des réflexes de "mon père est plus fort que le tien" que j'aimerais bien perdre au profit d'un peu plus de déférence.

Pourquoi, en 2007, reprocher à un français d'avoir laissé tomber la Nouvelle-France il y a 250 ans au profit de trois champs de canne à sucre?* Pointless!

Celui qui pisse le plus loin? C'est celui qui économise ses mots et non ses actions. Celui qui fait un don anonyme, ceux qui font passer la collectivité avant l'individu... (je deviens givré, c'est quoi ce sermon de tata là?)**

Heureusement, grâce à nos bons soins, la Terre se meurt et il faudra bien mettre de côté notre humainerie pour sauver la maison et chanter la gloire de l'humanité à l'unisson dans la laïcité absolue... mais ça peut bien attendre trois-quatre générations...


*Ce que j'évite de faire bien sûr préférant disserter sur la beauté des noms de villages de la Gaspésie...

**Celui qui pisse le plus loin, c'est celui qui a bu le plus de bière...

6 commentaires:

Anonyme a dit...

Je suis sans doute la première a lire (généralisons) ce matin,sa commence bien ma journée car c'est tellement intéressant à lire et surtout bien dit. Bonjour à vous deux et continuez cette belle vie (EXTRAORDINAIRE) GR"MA.

Jean et les siens a dit...

Moi aussi quand je suis à l'étranger je suis porté à dire du bien de notre nous-même mais je suis plus critique quand je suis à la maison.

Anonyme a dit...

'Stie qu't'écris bien Simon, donne-moé des cours.

Anonyme a dit...

À écouter, réécouter et méditer: «La ballade des gens qui sont nés quelque part» de Brassens...
(J'aime beaucoup l'interprétation de Tarmac)

Anonyme a dit...

Sympa l'axe du mal - Marion

Jean et les siens a dit...

Voici les paroles de cette ballade:

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part